novembre 25

je m’y maintenais mais j’ai avalé cette vague. c’était quelques jours après le massacre et j’ignorais encore qui étaient morts et qui étaient vivants. j’attendais de voir le ciel s’assombrir et une vague gigantesque me submerger. mais ça n’arriva pas. je dus continuer à marcher, seul comme un tueur, sur le bord de la route.

octobre 25

presque enfant encore sur la crête de la vague avant qu’elle ne se referme dans un fracas
au moment de cet équilibre suspendu
notre conscience d’exister tout au bord 
 alliée
à l’irrémédiable impensé
avant que tout s’enroule en remous et qu’une autre nous soulève

septembre 25

5385 — de cette orbe fragile de vie, à partir de ce point seulement, à partir de l’unique chose connaissable – d’où nous parlons – nait la possibilité d’un lien avec l’infini inconnaissable. qu’est-ce qui préside au fait que, seconde après seconde, tout continue sur le fil de cette extraordinaire précarité ? car chaque instant est un moment de grâce.