août 26

nous nous sommes mis en route. avec nos objets usés, tous nos ustensiles, nos draps atteignent leur transparence, habits à la limite de la déchirure. une simple tasse protégée par du papier froissé, une seconde paire de chaussures tout au fond du sac. quelle que soit notre destination, nous tentons de ne nous délester de rien.


en passant les hauts aquariums illuminés. ombres de carpes passant sur nos visage verdis.s

juin 26

dans les gouffres. visage d’un homme tentant de respirer à la mince surface de l’eau qui monte. le spéléologue perd de vue cette poche d’air et sombre dans la panique, un faux pas le placerait au bord de la mort. c’est alors que tout se joue. l’instant où l’esprit s’effondre ou se reprend.

avril 26

beaucoup de choses sont nécessaires, mais ces deux-là presque au-dessus des autres (en dessous cependant de ce qui nous unit aux autres, non en dessous mais en substrat ) : un espace à soi, sans aucune interaction parasite, et se déplacer — périples et pérégrinations.

février 26

mais le peu de temps que l’on reçoit, de façon si aléatoire dans la cité de l’injuste, qu’en fait-on ? on fait ce que l’on peut en faire, souvent rien. pas d’étincelles, on ne savait pas. l’un est parti tôt, l’autre pas, l’un supputait que — l’autre non. on n’a pas vu le temps se contracter à ce point. on ne savait pas. on ne savait pas, on ne nous a rien dit. pas prévenus. à un moment, c’était en face de nous, face à nous. chacun de nous.

janvier 26

des restes d’acouphènes étouffés par la neige s’entortillent dans la nuit. il est impossible pour nous d’imaginer que tout a une fin.

(quelque chose continue et nous ne savons pas quoi en faire, quelque chose finit et nous en sommes surpris. nous regrettons ce qui fut et continuons à ignorer ce qui est.)